Ma petite entreprise, ne connait pas la crise
Dimanche 24 octobre, 18h51. Fin du match opposant l'ogre avignonais à la modeste équipe de Lyon. Score final, un partout, Lyon repart avec un bon point et des certitudes concernant l'avenir. Lyon continue son bonhomme de chemin tout à fait respectable pour un club de cette envergure.
Sauf que non, Lyon n'est pas Arles, Lyon joue la Champion's League et Arles se fait deflorer par toutes équipes venues, réussissant à s'en manger 4 contre l'AJA (bien connue pour son allant offensif). Lyon est quatorzième après 10 matchs.
Entre Stade du Ray et Santiago Bernabeu
Défaite contre Caen, Lorient, Sainté. Match nul contre Monaco, Valenciennes. Non ce n'est pas le parcours de Sochaux ou bien Nancy, mais celui de demi-finalistes de C1. L'Olympique Lyonnais n'y est pas. Début de saison presque aussi crade que les aisselles de Nicolin lorsque Montpellier gagne. Cependant : victoire contre Schalke, Tel-Aviv, Benfica. Voilà tout le paradoxe lyonnais, glauques en L1, semi-bandants en C1. Une histoire de motivation sans doute. Jouer devant les 10 000 personnes de Marcel Picot ou au Stade du Ray garnit d'environ 6 000 personnes donne moins envie que 20 000 supporters israeliens surmotivés ou encore l'ambiance des grands soirs à Gerland, il faut l'avouer, même si Picot est une chaude ambiance... Lyon donne l'impression, en coupe d'Europe, d'une équipe de guerriers (voir le match retour contre le Real l'année dernière, les matchs contre Bordeaux en quart, ou bien cette saison Benfica). Une équipe plaisante, qui donne tout, puissante, technique, organisée, solidaire, bref : la crème européenne. D'ailleurs l'OL est sans aucun doute LA meilleure équipe française présente sur la scène européenne. Marseille se la joue gros bras et se fait battre par le CSKA sans que les russes aient à rougir, puis ils se font fesser par Chelsea, les anglais donnant une véritable leçon aux kékés Valbuena et M'Bia.. Tandis qu'Auxerre traverse cette competition comme on visite un musée (Olivier Sorin n'avait pas qu'à se couper les cheveux...) .
La belle et efficace mentalité affichée par les lyonnais en C1, ils la doivent sans doute au coach. Mister Puel tend plus du spartiate que du Sacchi. Toujours à gueuler sur son banc au point ou j'en coupe le son du match ( "BAFE !! BAFE !! TU ME LES BRISES AVEC TES MALAISES !!!" ) . Claudius Spartacus Puel est un gladiateur, on s'entraine jusqu'à la mort, on met en place la défense et on passe en force. Alors oubliez les temps ou Lyon nous faisait rêver avec le meilleur trio du monde (Juninho, Essien, Diarra), cette équipe là craquait face au PSV. Désormais on dégomme, la finesse n'a pas beaucoup de place. Puel joue sans vaseline. Hors certains artistes, Lisandro notamment, tirent vite la langue. Vous allez dire, oui mais les mecs qui viennent du Portugal et qui ont la barbe sont des feignasses. Pas celui-là, Lisandro aime bien courrir (dans le vide à des moments) mais pas trop non plus. Alors il aime pas trop le Claude, lui faisait parfois la gueule. Le corps de Delgado non plus n'aime pas trop les méthodes digne de Gilbert Gress, bientôt l'argentin pourrait dépasser le nombre de blessure de Michael Owen.
Si Lyon sort les perfs face aux cadors européens, le samedi venu ce n'est plus du tout la même. Le monstrueux Diakhaté, qui mange des enfants aux petit dej' , du mercredi se transforme en gentil Pape le samedi. Exemple contre Arles, le colosse a bouffé la feuille face aux compères Psaume et Dja-Djédjé alors que Raul, Huntelaar, Saviola et Aimar pleuraient devant lui. Alors voilà la Ligue 1 les lyonnais en ont fait le tour. Ce qu'ils veulent c'est l'Europe, alors la Ligue 1 ils s'en tapent et enfilent les pantoufles pour jouer. ( "Bon, Miralem je te met titularire contre Valenciennes, tu me bloques Bisevac.. -Non coach je veux pas, s'il vous plait ! Pas le championnat, je m'ennuie !" ) mais quand viennent les soirées européennes, tous sont au taquet et là : Lyon c'est serieux, Lyon maitrise.
He is the boss
Cependant ce manque de motivation en Ligue 1 pourrait etre assimilé à une faute professionnelle et tant que bon patron de grosse entreprise (Lyon n'est plus une PME) côtée en bourse Aulas -alias Big Brother- devrait sévir. Pourtant sa ne bouge pas, c'est qu'il est vachement attaché à son club le Jean Michel. On peut le comprendre, il reprend un club à la dérive , nomme un gars qui s'appel Raymond Domenech au poste d'entraineur et réussi à jouer en coupe d'Europe 7 ans après son arrivée. Jean Michel défend depuis son club, corps et âme, jusqu'à se mettre à dos toute l'opinion mais Jean Michel s'en bat royalement les cacahouettes, son club est un club qui gagne (et qui fait entrer de l'argent dans la caisse). Si cette défense enerve, on peut reconnaitre qu'elle soit efficace. La saison passée, Lyon ne valait plus un copec arrivé décembre, Puel devait alors prendre son sac. Non, Jean Michel fait front encore une fois, garde son coach, résultat Lyon finit sa saison au deuxième rang et dans le dernier carré européen. Au forceps. L'arrivée d'un nouvel entraineur aurait-elle produit de meilleurs résultats ? Je ne suis pas George Lucas et Gomis n'est pas Dark Vador (quoique...) . Alors si cela se passe bien, Aulas garde. Mais l'absence de titre se fait sentir, alors l'argument "meilleure saison" est sortie. Match nul contre Arles, l'argument "L'Equipe raconte n'importe quoi" est sortie (celui-là il est valable comme argument, mais pas seulement sur Lyon, à quand une alternative à ce quotidien ?) . Alors on voudrait que Puel soit viré, etc etc... Aulas n'aime pas qu'on lui donne des leçons concernant son club, d'ailleurs ceux qui s'y risquent se prennent des mandales, et qu'ils viennent pas dire qu'ils cherchent pas ! Garder Puel n'est pas une erreur en soit mais plutôt un choix peu judicieux, un mauvais coup si vous voullez, un coup d'un soir mais pas sur le long terme. Hors Lyon doit voir loin, alors qu'importe les petites crises internes, pour Jean Michel les joueurs ne valent rien. Seul l'écusson à de la valeur. Il en a vu passer des joueurs, des coachs, il en a pris des tacles, des demande de démission, mais il tient toujours et tiendra jusqu'à la mort. Aulas se sent comme investit d'une mission sacrée, pour atteindre le sacre, il se sent intouchable car il est, le meilleur président de Ligue 1, n'en déplaise à Patrick Le Lay.
Parceque l'âme de Lyon, c'est lui et personne peut test.
Lm