Le Football Romantique, Partie 2 : Pays-Bas, on the loose again

Publié le par Broken Leg !

cruyff1.jpg1970, 1971, 1972, 1973 : le Feyenoord puis l'Ajax Amsterdam par trois fois sont champions d'Europe. "Nederland is het beste" peut-on dire. L'Ajax, joue au bulldozer en C1 écrasant le premier Bayern Munich venu (5-2). La sélection néerlandaise peut donc aller se présenter au Mundial allemand de 74 les idées claires, la victoire. Forts des succès de ses clubs, les Pays-Bas s'appuient essentiellement sur l'Ajax pour mettre en place son équipe : Suurbier, Krol, Haan, Neeskens, Rep, Keizer et puis le maître de l'époque, monsieur Cruyff. De plus les Pays-Bas débarquent avec un selectionneur qui a fait ses classes avec les joueurs présents, il est l'instigateur du style de jeu pratiqué par l'Ajax puis les Pays-Bas, Rinus Michels. Ce jeu c'est le football total. Non le Barça n'a rien inventé et Guardiola est un imposteur. Pour se palucher sur une équipe de football joueuse il fallait naître dans les 60's.

 

Juin 74, nous voici en Teutonie Ouest. Le premier tour de groupe (à l'époque la compétiton se déroulait en 2 phases de groupes) se passe sans encombre, la Hollande étincelante de qualités techniques, physiques, tactiques. Au seconde tour les Pays-Bas héritent d'un groupe pas franchement sympathique. Brésil, Argentine et RDA. Toutefois ça ne semble pas posé de souci majeur, encore une fois, aux hollandais (volants). 4-0 claqué dans la face argentine, puis un petit 2-0 envoyé gentillement aux champions du monde en titre brésiliens, et pour finir 2-0 contre les soviets allemands. De son côté la RFA joue la Pologne, la Suède et la Yougoslavie. Un groupe de baltringue donc. Durant la compet les Pays-Bas se montrent innovant en terme de jeu, ils jouent le football dont tout le monde rêvait. Ils survolent leurs matchs, le monde adhère.

7 juillet 1974 : finale. Les Pays-Bas se retrouvent en finale face aux autochtones, ouest-allemands qui jouent à domicile. Cette finale n'est que l'achèvement d'une compétiton marquée par leur superiorité pour les hollandais. 2' minute, alors que les allemands n'ont toujours pas touchés la balle, Cruyff le maigre hérite de la balle dans le rond central, accelère dans l'axe et se retrouve dans la surface ayant mangé les teutons sur sa première course. La suite ? Un bon tacle des familles à l'aveugle. Penalty. Neeskens, plein axe, 1-0. Tout le monde se dit "c'est bon, ils vont déroulés, le match est plié". Hélas, non. Romantisme face au cynisme. La RFA égalise 25 minutes plus tard, pire encore ils prennent l'avantage avant la pause. Le score ne bougera pas. La Hollande s'incline, contre toute attente, contre l'Allemagne, serial-briseuse de rêves (voir Partie 1). Johan "David" Cruyff s'incline face à Franz "Goliath" Beckenbauer. Vainqueurs moraux ? Mouai. En tout cas le football est dorénavant marqué par l'empreinte du jeu hollandais.

 

Le traumatisme oublié, les Pays-Bas s'en vont au mondial argentin avec l'ambition gardée de s'emparer du titre. Mais cette fois-ci problème. Le leader, Johan Cruyff ne fait pas parti du voyage. Sombre affaire de tentative d'enlèvement qui aurait foutu les jetons à l'hollandais au point de ne pas quitter son domicile ou contestation envers la junte militaire argentine ? Histoire pas claire.Toutefois cela n'empêche pas les Pays-Bas de redonner vie à un jeu mis en suspend depuis l'affront allemande 74. Le premier tout se passe non sans difficultés, 2ème derrière le modeste Perou les hollandais tombent dans un groupe composé de L'Italie, l'Autriche et.. la RFA. La revanche se solde par un match nul 2-2,  la RFA est éliminée et les Pays-Bas encore une fois en finale face au pays organisateur : l'Argentine. Une Argentine sauvée miraculeusement d'ailleurs. Bon dieu ou dieu-argent ? Elle devait s'imposer par 4 buts face au Perou pour arriver en finale, le score ? 6-0 et un gardien péruvien d'origine argentine qui encaisse en un match ce qu'il n'avait pas encaissé depuis le début de la compet. Louche ça ? Non.

Les hollandais, décider à mettre fin au mauvais signe les guettant depuis 74, doivent patienter avant de rentrer sur la pelouse. Les argentins font tout pour retarder le coup d'envoi, laissant les visiteurs seuls face à une foule proche d'un orgasme collectif. Le match commence, les argentins mènent vite 1-0. Bis repetita pour des hollandais trop idéalistes ? Non, 84ème Nanninga égalise et les Pays-Bas y croient. 9http://2.bp.blogspot.com/_OCjP6rGW5Qw/TS-xDSpGnpI/AAAAAAAABa8/yjKzhJgEfKc/s1600/1978+Argentina-holland.jpg0ème : Rensenbrink, tentant de faire oublier Cruyff, se présente face au gardien argentin, tire... Un poteau hideux vient arrêter le rêve du néerlandais qui par un but aurait offert le titre aux Pays-Bas mais serait sortit du tournoi comme véritable dieu, dépassant Cruyff au niveau notoriété. Au lieu de cela, l'arbitre siffle les prolongations une fois la balle sortie du terrain après avoir lamentablement heurtée ce salaudde poteau. La suite ? Et ben les hollandais prennent deux pions, et perdent encore une fois. Dégoutés ils n'assistent pas à la cérémonie de cloture ni à la remise du trophé. Les mauvaises langues diront que c'est un acte de mauvais perdants, les vrais puristes savent, c'est un acte de contestation envers la dicature. Putains de militaires.

 

78 marque la fin de la fin pour les hollandais. Comme tous bons héros déchus, ils s'éparpillent et se finissent dans des clubs pourlingue aux USA ou encore jouent pour Toulouse... Romantiques comme jamais.

Alors que leur aînés sont aujourd'hui symbole du beau jeu et d'une génération insatisfaite les Pays-Bas arrivent en Afrique du Sud avec l'étiquette d'outsider. Et contrairement à il y a 30 ans ils ne jouent plus un jeu aussi stimulant. Ils se contentent de gagner. Et cela marche, ils arrivent en finale sans avoir perdu un seul match et en ayant toujours marqué 2 ou 3 buts. La finale se joue contre l'Espagne, comparée alors à... la Hollande des 70's. Toutefois durant la competiton l'Espagne montre tout l'inverse, un jeu triste, des 1-0 à la pelle et des qualifications plus que contestables tout au long des tours. Mais bon, tout le monde se paluche sur l'Espagne qui n'a toujours pas affiché son véritable niveau gnagnagna. Les Pays-Bas la joue physique durant cette finale, une finale marquée par le violent coup de poitrine de Xavi Alonso sur la semelle du pauvre De Jong jouant, lui, le ballon. La finale traine en longueur, est moche. Les oranges se procurent les meilleures occasions, Robben se présente deux fois face à Casillas, et deux fois, il vendange méchamment. Le con. Encore une fois les hollandais prennent un vilain pion en prolongation et s'inclinent en finale. Ils peuvent se consoler d'avoir dans leurs rangs le meilleur joueur du tournoi avec Forlan, en la personne de Sneijder, maître à jouer. Encore une fois sur le plan de l'éthique les hollandais sont vainqueurs, avec 12 buts inscrits contre 7 malheureuses réalisations pour les espagnols. Espagols qui feront office d'allemands durant le tournoi, éliminant les équipes les plus jolies comme.. l'Allemagne ou le Chili.

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Cerise sur le gâteau, pour achever les Pays-Bas, le Ballon d'Or 2010 est promis à Sneijder. Champion d'Italie, vainqueur de la coupe d'Italie, vainqueur de la Champion's League (d'ailleurs passeur décisif en finale), finaliste et meilleur buteur du mondial. Ca vous classe le bonhomme. Encore une fois, une loose digne des plus grands s'abbat sur les Pays-Bas. Un certain Lionel Messi remporte le trophé. Vous me direz évidemment Lionel qui ? Messi, un mec qui pour seule gloire à un titre de Liga et qui a marqué plein de buts contre Saragosse, Almeria et Pampelune aidé par des vrais joueurs tels Iniesta et Xavi. Injustice totale, provoquée par un juri de non-connaisseurs, de gens qui doivent être semblables à Christian Jeanpierre, idolatrant un mec dopé aux hormones et dragant sur MSN au lieu de parler d'un mec qui a tout gagné, qui a porté ses équipes vers les sommets.

 

Allemands et argentins ont de toute manière toujours fait des alliances plus que douteuses, les uns devant être jugés pour crimes contre l'humanité allant se réfugier chez les autres, et vice versa. Les criminels se font toujours rattrapés. Gerd Müller, Kempes ou encore Messi devraient subir le même sort, assassins de Pays-Bas, symbole du romantisme par exellence et amour de nation footballistique.

 

Lm

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Publié dans Le Football Romantique

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