Little Italy
Une équipe nationale piteusement éliminée au premier tour du mondial sud-africain, un seul club parmis les quarts de final de C1, un championnat gangrèné par les affaires de corruption et de racisme. Benvenuto in Italie !
La résultat de la Nazionale cet été (26ème sur 32, 4 places derrière la Nouvelle-Zélande) semblerait mettre sur le devant de la scène toute les difficultés qu'éprouve le football italien en ce moment. En effet l'Italie ne tient plus son rang depuis quelques années, voyons voir.
Jouons au moggiopoli !
Revenons 7 ans en arrière. 28 mai 2003, Old Trafford. Le Milan AC affronte la Juventus en finale de la Champion's League, sur le terrain : Nesta, Pirlo, Seedorf et autre Chevchenko pour les rossoneri. Buffon, Thuram, Davids, Del Piero coté bianconeri. En demi-finales le Milan avait sortit le voisin interiste tandis que la Juve s'était séparée du Real Galactique 1.5. Le football italien était alors en verve, n'ayant rien a envier à personne, squattant le dernier carré de la Champion's League et plaçant un club en demi de la C3, à savoir la Lazio. C'était tutti frutti !
Mais en 2006, scandale, Moggi (alors directeur général de la Juve) se fait pincer comme un bleu à choisir ses arbitres, afin de rendre le résultat du match plus "en sa faveur".. Verdict : la Juve est déchu de ses récents titre de champion, ne peut jouer la Champion's League édition 06-07, reléguée en Serie B avec 30 puis 9 points de retard. La Fiorentina, la Lazio, ainsi que le Milan se font également tapés sur les doigts.
Pour la Vieille Dame c'est un peu le début des emmerdes, non pas à cause du fait qu'ils vont disputer une saison dans un championnat qui sent la rance, ils gagneront le titre, sa tombe bien celui-là ils l'avait pas encore ! Mais certains joueurs ne se voient pas du tout jouer face à Arezzo ou Mantova. Zambrotta joue l'ingrat et se casse du club qui le révèle aux yeux du monde. Puis Cannavro, Thuram et la grande gique suèdoise Ibrahimovic se font la malle laissant à Deschamps la joie de tout reconstruire.
Italie, pays de vieux
Et oui, l'Italie a bien changé depuis 2003. Quoique "bien changé" ne soit pas l'expression qui qualifie le plus le football dans la vieille botte, si nous comparons les effectifs d'avant à ceux qu'il y a à l'heure actuelle. Prenons l'exemple du Milan AC, son toujours là Dida, Nesta, Gattuso, Pirlo, Ambrosini, Seedorf, Inzaghi. La plupart sont titulaires, normal, ce sont des cadors. Cependant ils ont pris des années, des kilos, se sont blessés, alors oui le Milan ressemble aujourd'hui à une maison de retraite ou les Thiago Silva, Robinho et autre Pato font office de personnel au service de ces vieux grabataires. De plus le recrutement de certains joueurs laisse perplexe, ainsi Flavio Roma (si si le mec qui était dans les bois de l'AS Monaco) et Yepes (le gars qui se prenait pour Jesus avec le maillot du PSG) sont venus signer un contrat pour pouvoir faire du shopping à Milan (comme si on allait les faire jouer, faut pas déconner non plus..). Cette politique qui à une facheuse tendance à repousser l'age de la retraite a fait plusieurs victimes, la plus connue étant sans doute Giovinco. Il avait un destin tout tracé : l'homme qui fera renaitre la Juve ! Perdu... Avec son physique de CE2 et sa tete a faire pleurer les sosies de Vin Diesel le jeune et frele Giovinco est preté à Empoli, puis à Parme cette saison. On ne lui donne que très rarement sa cha
nce pour ne pas dire jamais. D'ailleurs la Juve est encore très loin de son retour au premier plan.
Tant qu'on parle de choses d'un certain age, évoquons brievement l'état des stades italiens. Dépassés. Les enceintes sont vétustes, le Stadio Delle Alpi est certainement le plus grand gachisde l'histoire d'un stade. Construit en 1988 ce stade fut démoli l'année dernière pour laisser place à un nouvelle Delle Alpi. 22 ans seulement ! La raison ? Des tribunes aussi lointaines de la pelouse qu'à Lille, un sentiment d'espace vide avec des trous dans le toit et dans les tribunes. Alors qu'attendent les clubs pour donner des seconds souffles à leurs stades ? L'Euro 2016 bien entendu ! Et là on peut dire "Sus aux ritals !", en loupant cette compétition l'Italie a perdu encore quelques années pour refaire surface question modernité.
Le remplissage des tribunes pose aussi problème. Ou sont passés les gens ? Il y a autant de supporters pour un match de la Roma (hormis derby et gros, entendez par là Milan, Inter, Juve et non pas Adriano ou bien Ronaldo) qu'au Parc des Princes cette saison... Les quelques racistes font fuir les gentils spectateur ? Balotelli (encore un jeune incompris !) vous dira oui mais bon... L'Italie n'attire plus autant qu'elle le faisait, dommage dommage...
Les bons points
Tout n'est cependant pas à jeter, et il existe de belles promesses à venir. La Fiorentina en est une, meilleur résultat en C1 pour ce club la saison passée avec un effectif pas cra-cra du tout mais pas non plus bandant. A sa tete : Cesare Prandelli, un type charmant, vraiment. Avec une coupe de cheveux manouche et un manteau de tecktonik ce gars là mis à la tete de la sélection c'est logique, il est malgré son age (putain, encore un vieux !) le futur de son pays. Il a imposé à ses joueurs de faire une haie d'honneur à chaque fin de matchs disputé à Florence, sa fait peut etre bisounours mais c'est quand meme bien sympa de sa part et sa vous classe un bonhomme (pas du genre a faire un caprice de gamin pour pas serrer la main d'un selectionneur champion du monde) ou alors c'est juste un gros chambrage déguisé sous le masque de l'éthyque sportive, va savoir. On vous le dit, il faudra faire avec Prandelli dans les années à venir. Une autre équipe qui plait : Palerme. Avec son splendide maillot rose Palerme fait son trou et apporte du renouveau à une Serie A vieillote. Et puis à Palerme il y Pastore. Ce mec est un crack à en devenir, meneur de jeu à l'ancienne, il distribue, tacle, temporise, accélère, et marque. Le jeune Javier est meme appelé pour le mondial par Maradona himself. Bon d'accord Maradona est une burne en tant qu'entraineur mais il sait quand meme reconnaitre le talent de certains (malgré un melon gros comme une pastèque).
Ensuite il ne faut pas oublier que l'Inter est champion d'Europe en titre, ok. Sur le banc c'était Mourinho, et il a donné une toute autre gueule à l'Inter avec le futur Ballon d'Or Sneijder et Eto'o. et comptez le nombre d'italiens portant le maillot de l'Inter durant la finale. Il n'y en avait tout simplement aucun ! Maintenant le José est partie, à Benitez de ne pas tout foirer et faire retomber l'Italie à un niveau inférieur à la Ligue 1.
Nan on déconne, en dessous de la Ligue 1, sa serait quand meme bien le merdier.
Lm